Dans le cadre des grands projets de la Région Réunion, le musée a fermé ses portes au public depuis le 1er mars 2011 pour entamer un vaste chantier de réh
Le musée
De l’usine sucrière au musée
Le domaine « le Souvenir », constitué en 1830 par Appolydor Lesport, après la grande crise du café, cultive la canne et de nombreuses autres denrées : café, maïs, pois, fruits… Après l’abolition de l’esclavage (1848), le domaine rebaptisé « la Recouvrance » s’agrandit considérablement, jusqu’à atteindre 40 hectares entre 1850 et 1859.
En revanche, la grande crise sucrière de 1865 foudroie la famille Lesport qui revend à Jean Dussac, docteur en médecine et propriétaire d’un établissement sucrier à la Petite Ravine. En 1869, ce dernier augmente la superficie cultivée et transforme l’établissement en sucrerie moderne. Adjudication du domaine par Jean Dussac qui était propriétaire du domaine des Colimaçons. Il devient propriétaire après expropriation de Appolydor Lesport.
Elle est successivement baptisée « Stella Maris », puis « Stella Matutina ».
En 1880, la propriété compte 250 travailleurs indiens, cafres et malgaches, dont 46 femmes et 53 enfants. Elle comprend également, outre le camp des engagés et un hôpital de 11 lits, des ateliers de charronnerie, de forge et de bourrellerie nécessaires aux mulets, bœufs et chevaux chargés de tracter les charrettes et autres voitures.
Les directeurs successifs du domaine, Frédéric de Villèle, Adrien Lagourgue et Etienne Dussac, acquièrent de nouvelles terres et modernisent l’usine par l’ajout de bâtiments en 1928. Tout au long du XXe siècle, l’usine subit des transformations. En 1954, Stella Matutina fusionne avec les sucreries de Bourbon qui, sous l’impulsion d’Emile Hugot, donnent à l’usine sa forme actuelle. On y adopte en 1965 le principe de la diffusion, alors utilisé pour la betterave sucrière. Mais l’usine, d’une capacité insuffisante, ferme ses portes en décembre 1978 et devient une friche industrielle jusqu’à ce que la Région décide de la réhabiliter en musée. La plate-forme attenante de chargement des cannes fonctionne toujours actuellement.
Le premier à lancer l’idée de création d’un musée du Sucre à La Réunion est Lindsay Lincoln, directeur technique de l’usine de Bois Rouge, en 1975. Voyant la perte progressive du patrimoine industriel sucrier, il avait imaginé un lieu qui soit à la fois inscrit dans la mémoire et dans le futur.
Relancée en 1978, la suggestion de Lindsay Lincoln a lentement cheminé jusqu’à ce que la Région Réunion, alors présidée par Pierre Lagourgue, la fasse sienne en 1985. Le projet architectural du musée a été mené par l’agence Reichen et Robert. L’association CEVAD a constitué le projet scientifique et culturel initial et les collections. En juillet 1991 le musée ouvre ses portes.
Le lieu est une mémoire. Mémoire d’une époque, d’une technique, mémoire des hommes et des femmes qui ont vécu pendant plus d’un siècle sur ce site.
